| Geta (189-211) | Lien vers Wikipédia |
Publius Septimius Geta, fils cadet de l'empereur Sévère, incarne une tragédie politique qui marque la fin d'une ère de stabilité impériale pour le monde romain occidental. Né à Rome ou Milan vers 189 selon les historiens antiques, il fut destiné aux plus hauts sommets du pouvoir romain dès son adolescence avec le titre de César en juin de cette année-là.
Son personnage est contrastant : doux et sensible par nature mais détesté pour ses goûts intellectuels qui ne correspondaient pas à l'idéal martial strict exigé par Caracalla. La rivalité fraternelle entre les deux princes s'intensifiait dès leur retour de campagne en Bretagne, menaçant la sécurité du régime sévérienne avant même que le pouvoir centralisé n'aboutisse.
Pendant son règne officiel conjoint, la dynastie des Sévères a émis majoritairement du numéraire d'or et d'argent à Rome pour propager l'image officielle de ses souverains. La production est interrompue peu de temps après sa mort en 211 suite à un meurtre fratricide orchestré par Caracalla afin qu'il ne gouverne plus seul.
Sous la direction du nouveau monarque absolu, tout ce qui rappelle son frère cadet a été effacé pour des raisons politiques précises. Les légendes des pièces ont été altérées en masse pour supprimer l'usage de Geta au profit d'une titulature unique portée par Caracalla seul.
Tandis que les portraits étaient fondu ou détruit physiquement avant même qu'ils n'aient pu circuler largement dans le commerce régulier, seuls quelques exemplaires frappés à Rome ou en Orient sont conservés aujourd'hui.
Ces monnaies sont hautement recherchées par l'histoire et numismates pour leur qualité de témoin matériel sur un événement tragique. Leur rareté est la conséquence directe d'un complot sanglant qui força Caracalla à annuler toute trace publique de Geta.
Ainsi, chaque exemplaire trouve aujourd'hui sa place précieuse car il sert à comprendre comment un régime dictatorial a géré la mémoire politique face aux oppositions internes graves au sein du sénat romain. La pièce devient donc le miroir d'une réalité plus sombre que les textes officiels ne permettent de saisir sans ces preuves archéologiques rares.