| Boris Godunov (1552 - 1605) | Link to Wikipedia |
| Boris Godounov | |
Boris Godounov |
|
| Titre | |
|---|---|
| Tsar de Russie | |
| – 7 ans, 1 mois et 27 jours |
|
| Couronnement | |
| Prédécesseur | Irina Godounova |
| Successeur | Fédor II |
| Biographie | |
| Dynastie | Dynastie Godounov |
| Nom de naissance | Boris Fedorovitch Godounov |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Viazma |
| Date de décès | (à 55 ans) |
| Lieu de décès | Moscou |
| Père | Feodor Ivanovich Godounov |
| Mère | Stepanida Ivanovna |
| Conjoint | Maria Malyouta-Skouratov |
| Enfant(s) | Fédor II Xénia |
|
|
|
| Monarques de Russie | |
| modifier |
|
Boris Fedorovitch Godounov, en russe : Бори́с Фёдорович Годуно́в (v.1551–Moscou, ), gouverne la Russie à partir de 1594 à la place de Féodor Ier, le fils d'Ivan le Terrible, et devient tsar de Russie de 1598 à sa mort subite en avril 1605.
Il épouse Maria Malyouta-Skouratov (1551-1605) qui lui donna deux enfants : Fédor II (1589-1605) et Xénia (morte en 1662 à Troïtsa[réf. nécessaire]).
On connaît peu de choses sur la famille Godounov : les rares documents conservés indiquent que Boris était de lointaine ascendance tatare. Un de ses lointains ancêtres, le prince tatar Tchet, fit construire au XIVe siècle le monastère orthodoxe Saint-Hypatius (ou Monastère Ipatiev)[1]. Le nom de famille signifierait « irréfléchi » en tatar[2].
Son arrière-grand-père était Zacharie Godounov ; fils de Théodore Godounov[réf. nécessaire], Boris aura une sœur, Irina Godounova (morte le 26 octobre 1603), épouse du tsar Fédor Ier et un frère cadet, Ivan Godounov (mort en 1610), époux d'Irène Romanov[réf. nécessaire].
Boris Godounov commence par être chambellan d'Ivan le Terrible, commandant de la garde du palais puis, à partir de 1588 exerce la régence pour Fédor Ier, fils de ce dernier, et son beau-frère.
Le , Fédor meurt sans héritier, mettant ainsi fin à la longue dynastie des Riourikides. Dimitri Ivanovitch, son frère, relégué à Ouglitch, y meurt mystérieusement. Pendant plusieurs siècles, les historiens accusèrent Boris Godounov ; il semble cependant que ce dernier soit innocent[réf. nécessaire] : Dimitri se serait tué accidentellement avec un couteau, au cours d'une crise d'épilepsie.
À la mort du tsar, plusieurs hautes familles (Galitzine, Romanov) peuvent prétendre au trône, mais aucune ne fait acte de candidature, car l'aristocratie a été affaiblie par le pouvoir tsariste, sous le règne d'Ivan IV puis sous celui de Fédor Ier.
Beau-frère du tsar défunt, Premier ministre, Boris Godounov n'a pas de difficulté à se faire élire tsar par un zemski sobor, assemblée comprenant les boïards, le clergé et les communes. Rencontrant une résistance au sein de la douma des boïards, Boris s'appuie sur la noblesse et sur le peuple ; présidé par le patriarche orthodoxe Job, Boris est élu tsar, mais exige qu'on lui prête serment non pas au palais, comme le voulait l'usage, mais dans la cathédrale de l'Assomption à Moscou.
Il est couronné dans cette même église en septembre 1598.
Manquant de légitimité historique (il n'est qu'un tsar élu), Boris tente d'unir sa famille aux Maisons royales européennes. Il chercha ainsi à marier sa fille Xénia au prince Gustave de Suède, fils exilé d'Erik XIV : la tentative échoua devant le refus du prince de se convertir à l'orthodoxie ; le duc Jean de Danemark accepta, lui, toutes les conditions requises, mais mourut subitement, foudroyé par une maladie.
Selon les historiens, son règne est une période paisible après l'ère d'Ivan le Terrible.
Il mène une politique d'indépendance de la Russie, créant en 1589 le patriarcat de Moscou (la Russie devient alors autocéphale), guerroyant contre la Suède (1590–1595), organisant la colonisation de la Sibérie.
Il tente de rapprocher le pays de l'Occident et de renforcer le pouvoir du tsar aux dépens des boyards. C'est ainsi qu'il envoie en Occident, à des fins d'instruction, un groupe de jeunes garçons nobles : six en Angleterre, six en France et six en Prusse ; l'expérience fut un échec puisque tous, à l'exception de deux d'entre eux, refusèrent de rentrer en Russie.
Boris ne peut cependant faire face aux troubles qui demeurent latents depuis la mort d'Ivan IV. Ceux-ci trouvèrent un catalyseur dans la grande famine, qui éclate en 1601 et dure trois ans. En 1602, plusieurs milliers de morts sont dénombrés à Moscou et, si le gouvernement tente d'abord de remédier à la situation, il doit bientôt y renoncer à cause de l'immensité du territoire, attitude qui favorisera les désordres et les pillages.
Le 13 octobre 1604, Grégori Otrepiev (Gricha Otrepjov) — moine défroqué ayant réussi à se faire reconnaître par le roi de Pologne comme le tsarévitch Dimitri, qui aurait survécu à son assassinat— entre en Russie à la tête d'une armée de mercenaires polonais et lituaniens. Boris Godounov décrète alors la mobilisation générale, mais ses troupes sont défaites par celle d'Otrepiev, le à Novgorod-Severski ; le , en revanche, le sort des armes est favorable aux troupes du tsar et Otrepiev doit fuir.
Rendus mécontents par la famine, les paysans rallient le camp d'Otrepiev.
Boris Godounov meurt, subitement, le à Moscou : on parla alors d'empoisonnement ou de suicide. Il est inhumé au monastère de Serguiev Possad, près de Moscou. Il laisse pour successeur son fils, Fédor II, et son épouse Maria Grigorievna Skouratova-Belskaya (fille de Maliouta Skouratov, un des chefs de l'Opritchnina d'Ivan le Terrible).
Jerome Horsey décrit ainsi le tsar Godounov : « Il est d’apparence agréable, beau, affable, porté sur la magie noire (sic), âgé de quarante-cinq ans ; il manque d'instruction mais a l'esprit vif, il a des dons d’éloquence et maîtrise bien sa voix ; il est rusé, très impulsif, rancunier, peu enclin au luxe, modéré dans ses habitudes alimentaires mais il a le goût des cérémonies ; il offre de somptueuses réceptions aux étrangers, adresse de riches présents aux souverains des autres contrées. »
Selon l'historien russe Nicolas Kostomarov : « Toute son action visait à favoriser son intérêt personnel, son propre enrichissement, le renforcement de son pouvoir, l’élévation de sa lignée… Cet homme était prêt à faire le bien, pour peu que cela ne gênât point ses visées mais les servit au contraire ; de la même façon, aucun mal, aucun forfait ne pouvait l’arrêter s’il l’estimait utile à ses intérêts. »
La vie de Boris Godounov a inspiré :