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| Protectorat français au Maroc (1912 - 1956) | |||||||
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Drapeau (à partir de 1915)[1] |
Carte du Maroc en 1912 ; le protectorat français au Maroc est indiqué en vert clair et les colonies françaises en vert foncé.
| Statut | Monarchie et Protectorat français |
|---|---|
| Langue | Français, arabe, berbère |
| Religion | Islam, judaïsme, catholicisme |
| Traité de Fès | |
| 1934 | Achèvement de la « pacification » |
| Présentation du Manifeste de l'indépendance | |
| Discours du trône annonçant l'arrivée de l'indépendance[2] | |
| Abrogation du protectorat entre le Maroc et la France |
Entités précédentes :
Entités suivantes :
Le « protectorat français au Maroc » (en arabe : حماية فرنسا في المغرب [Himaïat Faransa fi-l-Maghrib]) est le régime politique — protectorat — mis en place par le traité franco-marocain conclu à Fès le entre la Troisième République française et Moulay Hafid, sultan marocain[3] éphémère. Il était officiellement nommé Protectorat français dans l'Empire chérifien dans le traité de Fès, publié quelques mois après dans le premier bulletin officiel du pays, qui avait pour en-tête : « Empire chérifien : Protectorat de la République française au Maroc »[4].
La fin de ce protectorat, dont l'arrivée fut annoncée au Maroc par le sultan Sidi Mohammed ben Youssef — futur roi Mohammed V — lors de son discours du trône du [5] (date retenue pour la Fête nationale de l'indépendance), fut actée avec la Quatrième République française le [5].
À partir de 1844, plusieurs épisodes se succèdent impliquant le Maroc, la France et les puissances européennes. Ils se soldent par la tenue de la conférence d'Algésiras en 1906 qui place le Maroc sous protection internationale, concède certains droits à la France et à l'Espagne et offre un droit de regard à l'Allemagne. Les conclusions de la Conférence et les différentes crises franco-allemandes au sujet du Maroc mènent inévitablement à la signature du traité de Fès en 1912 et à l'instauration d'un protectorat français.
Les premières tensions entre la France et le Maroc remontent à 1840, suite au soutien que les Marocains accordaient à Abd el-Kader dans sa lutte contre l'avancée française en Algérie. Ces tensions sont au sommet en 1843, quand les forces françaises poursuivent une colonne de combattants d'Abd el-Kader à l'intérieur du territoire marocain. La construction d'un fort français à Maghnia, une localité considérée par les Marocains comme faisant partie de leur territoire, attise les tensions et une première escarmouche a lieu en mai 1844, quand le fort est attaqué par des guerriers tribaux qui sont finalement repoussés.
Face aux tensions, le gouverneur-général Thomas-Robert Bugeaud insiste face aux Marocains sur la nécessité de la démarcation la frontière entre le Maroc et les possessions françaises d'Algérie et de l'arrêt de leur soutien à Abd el-Kader. Les Marocains ne donnant suite aux requêtes françaises, le gouvernement du roi Louis-Philippe décide de procéder à une démonstration de force en envoyant une flotte de guerre, commandée par le prince de Joinville, bombarder Tanger le 6 aout 1844, avant de mettre le cap sur Mogador.
La flotte du prince de Joinville arrive en vue de Mogador le 10 aout mais ne peut reprendre les opérations que cinq jours plus tard en raison d'une forte tempête. Le 15 aout au matin, les défenses de la ville et de l'île de Mogador sont neutralisées et la cité est occupée. Entre temps sur terre, les Marocains subissent une défaite cinglante à Isly.
À la suite de la défaite marocaine, le traité de Tanger est signé un mois plus tard, le 10 septembre 1844. Le Maroc reconnait la présence française en Algérie et cesse tout soutien officiel à Abd el-Kader – déclaré hors-la-loi au Maroc et en Algérie – et entérine le tracé de sa frontière avec l'Algérie. Mogador est évacuée le 16 septembre et les frontières entre le Maroc et les possessions françaises d'Algérie sont définitivement fixées par le traité de Lalla Maghnia, signé entre les représentants des deux parties le 18 mars 1845.
Le 16 mai 1907, l'Espagne s'aligne à l'Entente cordiale par le biais du Pacte de Carthagène. L'Espagne rejoint ainsi le camp anglo-français contre les ambitions allemandes au Maroc, tandis que les trois pays reconnaissent leurs intérêts respectifs et leurs sphères d'influence[6].
Selon l'American Journal of International Law, « le traité ne remet pas en cause l'existence indépendante du Maroc, au sens où il n'est pas annexé en tant que province ou que département. Son existence territoriale doit être maintenue, la souveraineté du sultan doit être protégée et ses droits reconnus, mais d'un point de vue international, le Maroc perd son indépendance et son égalité avec d'autres nations »[7]. Selon la Cour internationale de justice, il s'agit d'un « accord de nature contractuelle » entre les deux pays, qui ne remet pas en question la souveraineté du Maroc[8].
Dans les faits, le pouvoir exécutif est incarné par le résident général, représentant de la France, qui dispose d'une assez large liberté de manœuvre. Le sultan et le Makhzen sont maintenus comme éléments symboliques de l'Empire chérifien, l'autorité réelle étant exercée par le résident et ses fonctionnaires et officiers (contrôleurs civils et militaires). À la suite du départ de Lyautey en 1925, la résidence devient néanmoins sensible aux pressions exercées par les puissants lobbys coloniaux, représentés par les patrons de la grande industrie et par les Chambres françaises d'agriculture du Maroc.