| Albert V de Bavière(1528 – 1579) | Lien vers Wikipédia |
Surnommé « Albert le Magnifique », ce duc bavarois incarne la transition entre l'Humanisme italien et le renouveau catholique germanique. Né à Munich, il transforma sa principauté en un foyer intellectuel de premier ordre tout au long du XVIe siècle.
Héritier d'un duché puissant mais endetté par son père, Guillaume IV le Constant, Albert prit les rênes en 1550. Contrairement à beaucoup de ses contemporains voués uniquement aux guerres incessantes du Saint-Empire romain germanique, il chérissait l'éducation et la culture. Son séjour dans les universités italiennes fut décisif ; admiratif des anciens Grecs et Romains, le duc décida de refaire rayonner sa cité avec une ambition impériale.
Son mécénat n'était pas sans conséquence pour son trésor : ses projets architecturaux et artistiques, dont la commande du célèbre Antiquarium à Munich ou l'invitation du compositeur Roland de Lassus au service de sa cour, étaient financés par une dépense somptuaire. Cependant, il fut aussi un prince courageux dans le domaine spirituel. Rester fidèle au catholicisme face aux idées luthériennes qui gagnaient la région était un choix politique et religieux audacieux en Allemagne du XVIe siècle.
Pourquoi son portrait, ou ses armes de Bavière, apparaissent-ils sur des pièces ? Au cours de l'époque moderne naissante (1530 à 1630), la frappe monétaire était l'expression visible du prestige d'une dynastie. En tant que dirigeant souverain et mécène reconnu, Albert V avait besoin d'affirmer sa grandeur publique.
Sa famille émettait des pièces de grande qualité artistique sur ses états (Munich, Augsburg). Ces monnaies témoignent du goût raffiné de la cour pour les arts : on y remarque souvent un souci esthétique supérieur à celui des mous ducs voisins. Les graveurs de l'époque puisaient dans le savoir-faire des antiquaires présents à sa suite, comme Jacopo Strada, ce qui explique que certaines pièces portent des portraits sculpturaux et réalistes rares pour la période.
Pour les numismates passionnés par l'histoire culturelle de l'Europe centrale, ces monnaies sont bien plus qu'un moyen d'échange ; ce sont autant de médailles historiques. La rareté des exemplaires en bon état (comme le gros ou denier) témoigne du prestige que cette principauté entretenait sur la scène européenne.
Acheter une pièce à l'effigie bavaroise, c'est se saisir d'un moment où la culture et la religion étaient indissociables. Ces artefacts monétaires nous racontent un prince cultivé qui a tenté de bâtir le futur en s'appuyant sur les arts anciens.