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Second Brazilian Republic (1946 - 1964)
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Deuxième République brésilienne : Histoire, Monnayage et Objets de Collection

Bienvenue au cœur d'une période charnière de l'histoire du Brésil, celle qui marque la transition entre le monde colonialiste éphémère des Empires et celui des nations modernes. Nous explorons ici les trésors qu'a laissés derrière elle ce que les historiens nomment la Deuxième République (ou "Régime Vargas"). Pour toute personne ayant passé un moment devant une vitrine muséale ou à l'étude d'une pièce de monnaie, cette époque offre non seulement des objets fascinants sous le verre, mais surtout une fenêtre ouverte sur comment la nation a trouvé son identité moderne. Ce texte est conçu pour guider passionnés et acheteurs dans leur compréhension du contexte unique qui entoure ces artefacts historiques.

Contexte historique

Au lendemain de 1930, le Brésil traverse une transformation profonde comparable à celle d'une monarchie passant au républicanisme : l'Empire s'effondre avec la fin des rois et se substitue par un régime populaire. La révolution qui renverse Washington Luís marque non seulement une rupture politique majeure mais aussi un changement profond dans les priorités économiques du pays. Jusqu'à cette époque, le Brésil était dominé par l'exportation massive de café vers l'Europe ; c'est à partir des années 1930 que Getúlio Vargas et son gouvernement ont commencé à chercher la protectionnisation interne et une industrialisation naissante. Ce basculement est visible dans les pièces qui circulent : celles-ci ne sont plus le fruit d'un commerce mondialisé florissant basé sur l'or, mais souvent des monnaies émis pour stabiliser un économie en quête de nouvelles structures.

La centralité du pouvoir se déplace vers Rio de Janeiro. La République a alors trois phases : une junte provisoire très courte suivie d'un gouvernement où le leader gouverne par décret avant l'élection présidentielle indirecte et la promulgation de la Constitution en 1934. Pour un historien ou collectionneur, cette chronologie est cruciale car elle indique les moments clés du changement monétaire : des pièces frappées sous autorité militaire se voient souvent remplacées par celles légitimant une présidence constitutionnelle.

Histoire de la monnaie et du monnayage

Dans cette période, l'histoire monétaire est marquée d'une transition difficile entre l'étalon-or et des systèmes monétaires gérés étroitement. Si le Brésil possédait encore des stocks considérables en métal précieux à la fin de la décennie 1930, les gouvernements utilisaient déjà massivement l'impression du papier-monnaie (les cédulas) pour pallier au manque de pièces circulantes dans un pays géant aux infrastructures limitées. Cette "numérisation" précoce de l'économie rend la production métallique plus rare et chère.

Cependant, le Brésil est resté longtemps monnayeur d'État : il contrôlait ses propres mines aurifères et argenteries tout en imposant des taux fixes. Dans cette période particulière, les pièces frappées ont servi deux fonctions principales. Premièrement, elles restaient une forme de symbole national pour prouver que la "république nouvelle" (l'équipe militaire provisoire) avait l'intention de restaurer l'ordre et non seulement le chaos révolutionnaire. Deuxièmement, après 1934, les pièces servirent à ancrer la légitimité populaire du pouvoir constitutionnel.

Ateliers monétaires et production des monnaies

L'administration de l'époque a utilisé exclusivement un seul grand atelier : celui de Rio de Janeiro. C'était une institution héritée de l'Epoque impériale, transformée en manufacture nationale centraleisée sous la République. À cette période, on ne trouve plus ces ateliers éparpillés dans tous les états comme au XIXe siècle ; le pouvoir central est tout-puissant.

D'un point de vue technique et artistique, l'atelier brésilien du début des années 1930 a connu une modernisation notable. Les gravures sont plus précises que celles de l'époque impériale tardive car elles ont utilisé les techniques photographiques en plein essor dans les pays occidentaux pour imprimer la république (ou plutôt le président) sur métal. C'est là un point important : ces pièces montrent comment la photographie et l'art sont fusionnés avec la métallurgie, donnant lieu à des portraits plus expressifs mais souvent moins "artistiques" que ceux d'un temps précédent.

Monnaies remarquables

Pour le collectionneur de numismatique avancé, les pièces frappées pendant cette période sont particulièrement précieuses. Considérons par exemple la série des monnaies du gouvernement constitutionnel ou celles marquées "République Brésilienne" avec un portrait de Vargas.

  • Cartes d'identité nationale : Les pièces frappe en 1934 et suivantes portant le nom du président sont souvent recherchées car elles illustrent la période où l'état commence à utiliser son autorité pour forger une image personnelle autour de Vargas. Contrairement aux couronnes impériales précédentes, ces monnaies célèbrent un régime politique qui s'inspire parfois des diktats italiens et allemands (le "Fascisme" brésilien ou État Nouveau), mais avec ses propres nuances culturelles.
  • Rareté par manque de circulation : Les pièces en argent frappées après 1934 sont souvent très rares car le gouvernement a rapidement réduit leur production, préférant les monnaies d'or pour l'apparat extérieur et les cédulas (billets) pour la petite transaction intérieure.

D'autres monnaies méritent attention comme les pièces en or de transition qui témoignent des derniers moments où le métal précieux circule largement avant que le Brésil ne devienne entièrement dépendant du papier-monnaie. Pour l'acheteur, une telle pièce est un témoin matériel d'une époque économiquement instable.

Héritage culturel

L'iconographie de ces monnaies raconte la culture brésilienne en pleine transition ethnique et politique. On y retrouve les écussons aux armes des États, symbolisant l'union fragile entre Bahia, Pernambuco ou São Paulo avec Rio central. C'est un art patriotique qui cherche à unir une population multiraciale sous une seule bannière républicaine.

L'utilisation du mot "Vargas" sur les pièces est significative : cela marque la fin d'une tradition impériale où le roi était souvent en retrait et commence l'ère moderne où un homme politique individuel devient presque à lui seul le symbole de toute une nation. Cela reflète aussi une culture politique qui valorisait fortement la figure du chef, ce que nous verrons encore davantage avec les pièces frappées pendant le "Estado Novo" plus tard.

Pour les collectionneurs

Ce qu'il faut retenir de l'histoire monétaire de cette République courte (1930-1937) est sa rareté intrinsèque. Si vous possédez ou trouvez une pièce frappée en 1934, ce n'est pas seulement pour son titre "argent", mais parce qu'elle a survécu à un contexte où les pièces étaient souvent fondues pour des raisons d'urgences financières.

Cela signifie que chaque exemplaire disponible aujourd'hui représente un vestige de la transition vers une époque moderne qui utilisait le papier-monnaie. L'achat de ces objets permet au collectionneur non seulement de posséder une pièce, mais aussi de conserver une trace tangible d'une page sombre et fascinante du Brésil où les institutions politiques ont été refondées violemment.

C'est un investissement dans l'histoire : comprendre que le commerce s'était modernisé vers la monnaie fiduciaire tout en conservant des traces de l'étalon-or permet aux experts de mieux cerner les motivations économiques d'un État qui cherchait sa souveraineté. L'époque du gouvernement provisoire, où Vargas a gouverné par décret sans constitution avant 1934, est souvent appelée la "période noire" en raison des troubles civils et politiques ; une pièce frappée durant cette phase incarne donc l'ambition de restaurer un ordre économique.

Ces monnaies sont les pièces d'un puzzle historique que le Brésil a tenté de recomposer après sa rupture avec la monarchie. Elles montrent comment un pays immense, riche en ressources et confronté à une instabilité politique croissante, s'est mis au service du pouvoir central pour forger son identité nationale moderne.

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